L'histoire du Château de Choloy

Un petit Château bien singulier

L’histoire du Château de Choloy

Découvrez l’histoire du Château de Choloy à travers ces quelques lignes, retranscriptions du journal de Luc Loevenbruck et de diverses archives familiales.

C’est le baron Jean-Baptiste Robert De Mesny, administrateur des salines de l’est (anobli par Napoléon Bonaparte) qui fit construire la demeure au début du XIXème siècle. Il avait suivi l’empereur dans sa campagne d’Italie, et c’est la ville de Milan et les villas italiennes qui l’ont inspirées pour la construction de son château. Le style est en effet bien différent de celui des châteaux et demeures traditionnelles lorraines. La construction du château débute entre 1800 et 1810. On fit travailler une foule de maçons, tailleurs de pierre, maîtres d’œuvres pendant une dizaine d’années ce qui assura la prospérité au village. 

A l’époque de cette construction, il était normal qu’une demeure comme celle-ci contienne tout le nécessaire pour s’auto-suffire. Ainsi, on y trouve un four à pain, un pressoir, des poulaillers, une chiennerie, des écuries et des greniers à fourrage. Le terrain comporte étang, vergers, potagers, trois hectares de vignes et une forêt pour le bois de chauffage. De longues allées d’agrément sillonnent le parc, entièrement clôturé par un mur d’enceinte. On pouvait observer à l’époque des paons, des cygnes et des cervidés qui s’ébattaient en semi-liberté.

Le gros œuvre de l’édifice, dans sa partie centrale, comporte trois grandes pièces à usage de réception. Celles-ci sont toutes de style Empire et chauffées par des cheminées en marbre et deux imposants poêles fabriqués à l’ancienne faïencerie de Bellevue à Toul.

Homme engagé, Jean-Baptiste Robert De Mesny sera maire de Choloy de 1832 à 1846. Il fera construire l’école de Choloy en 1840, et sera le parrain d’une des cloches de l’église. Sa fille donnera un bâtiment en face du château à la commune pour y installer l’école des filles.

Après sa mort, sa veuve et ses filles qui ne résidaient pas à Choloy vendirent la propriété au richissime Comte Ferdinand O’Gorman, dont les ancêtres irlandais arrivèrent sur le continent vers 1688. Celui ci était constructeur et propriétaire du château de Pixérécourt ainsi que de plusieurs autres résidences (domaine de Frouard, Château de Laneuveville, de nombreux bâtiments à Nancy) et ne venait que rarement à Choloy.

L’acquisition par la famille Loevenbruck 


C’est Louis Loevenbruck qui achète la propriété en 1909 dans le but de passer sa retraite à la campagne après une vie bien remplie. Lui et sa femme Amélie tenaient une quincaillerie très prospère place du marché à Toul. La propriété est en piteux état après plusieurs décennies d’abandon, et la situation restera difficile pendant la majeure partie du XXème siècle avec les deux guerres, surtout la deuxième. 

Fernand (le fils de Louis) est enrôlé, la maison sera successivement occupée par toutes les armées, et les appartements toulois qui avaient toujours permis à la famille de collecter des loyers seront détruits par les bombardements. Les ressourcent manquent et la demeure tombe à nouveau en décrépitude. Pendant longtemps la famille vit donc avec des rentes très réduites, et subsiste à Choloy vivant de ses productions (fruits, légumes, lapins), des aliments rationnés comme le pain, et de l’entraide avec d’autres familles.

Ce n’est qu’à la période d’après-guerre que l’espoir renaît. Luc (le petit-fils de Louis) hérite du château en 1955. Plusieurs décisions difficiles doivent être prises pour renflouer les caisses, notamment pour la réfection (indispensable) de la toiture. On sacrifie le grand frêne à un marchand de bois en quête d’arbres de grande qualité, puis plusieurs autres beaux arbres. Au fur et à mesure de la reconstruction de la ville de Toul, on remet en service les appartements et les loyers rentrent à nouveau, ce qui est d’une grande aide pour tous les travaux nécessaires. Les moyens restent modestes compte-tenu de la surface, et Luc et sa femme Marie-Rose entreprennent un travail de fourmi pendant plusieurs décennies pour redonner son lustre à la propriété. C’est en 1988 qu’ils feront classer le château à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques de France, pour protéger ce patrimoine familial qui leur était si cher.

Le château de Choloy aujourd’hui 


À partir des années 1990, ce sera le tour de Philippe, aux côtés de sa femme Catherine, de reprendre le flambeau. Passionné d’horticulture et de foresterie comme son grand père Fernand, Philippe s’est attelé à la tâche d’entretenir le parc et les jardins. Tâche qu’il exécute avec fierté, puisque certains des arbres furent plantés par Jean-Baptiste Robert de Mesny et sont donc bicentenaires. La tempête de 1999 fut un véritable coup dur, beaucoup de magnifiques specimens furent décimés. Depuis une quarantaine d’années, il a donc planté de nombreuses essences forestières, nobles, rares, et choisies en fonction de leurs origines et aptitudes, pour repeupler la forêt et la rendre plus résiliente face au dérèglement climatique. Ces arbres permettent d’offrir aux visiteurs un parcours d’une grande diversité botanique. Pendant votre séjour, prenez le temps de découvrir le parc et de vous imprégner de la douceur de vivre qui y règne.

Catherine, férue d’antiquités et de bricolage, s’occupe principalement de la maison. Elle rénove les pièces et appartements uns à uns, et déniche et restaure une multitude de meubles et objets anciens qui s’accordent à merveille avec les intérieurs du château. C’est elle qui a entrepris la réfection de plusieurs logements pour en faire des hébergements touristiques. Depuis quelques années, leurs enfants prennent la suite et participent aux divers projets familiaux tels que les chambres d’hôtes, les vignes, le potager, ainsi que les rénovations courantes des intérieurs et extérieurs. 

Cela fait désormais 6 générations que la famille Loevenbruck est arrivée à Choloy. Depuis le début, elle s’est employée avec ténacité et amour à remettre en état et embellir la demeure et le parc tout en respectant scrupuleusement son caractère jusque dans les moindres détails. Souhaitons que cette longévité et cette passion se perpétuent encore de nombreuses années!

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